
Pour information, lors de la réunion du vendredi 19/06/2026, les représentants de la mairie ont réaffirmé que c'est bien le lieu qui pose un réel problème!
Suite à la deuxième réunion du 22 juillet 2026 entre les représentants de la Mairie, les porteurs de projet, des représentants de l'état.
Le dialogue est de nouveau dans l’impasse autour du projet de poulailler de 30 000 poules pondeuses porté par le Gaec Jourdain, dans la commune de Saint-Floxel (Manche).
Le dialogue est de nouveau dans l’impasse autour du projet de poulailler de 30 000 poules pondeuses porté par le Gaec Jourdain, dans la commune de Saint-Floxel (Manche). Les exploitants ont confirmé ces derniers jours leur intention de déposer un permis de construire sur le site initial, entre la mairie et l’impasse de la Ferté. Dans une lettre adressée cette semaine aux habitants, le maire, Joël Guilbert, annonce que la commune engagera » tous les recours légaux » pour s’y opposer. Il y a quelques mois, lors d’une réunion de conseil municipal où les porteurs de projet étaient conviés, le conseil municipal, à l’unanimité, avait voté contre ce projet en raison du lieu.
Pour les exploitants agricoles, cette diversification répond à un besoin croissant de production nationale, dans un contexte où la filière alerte régulièrement sur le déficit d’œufs en France. Aujourd’hui, la France produit environ 15 milliards d’œufs par an. Et cela ne suffit pas. Pour faire face aux besoins, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard propose l’installation « d’un poulailler de plus par département et par an jusqu’en 2030 ».
Depuis son annonce à l’automne dernier, le projet se heurte toutefois à l’inquiétude d’une grande partie des riverains. La mobilisation reste importante avec une pétition revendiquant près de 2 000 signatures.
Dans son courrier, Joël Guilbert retrace plusieurs épisodes de concertation. Une réunion réunissant les porteurs du projet, la Chambre d’agriculture, des services de l’état, les élus et les parlementaires avait permis d’ouvrir la voie à une recherche de compromis. Il avait alors été convenu d’interroger la SAFER pour regarder s’il était possible de trouver des parcelles pouvant convenir pour un échange de lieu. Elle n’en a pas trouvé.
À la demande du préfet de la Manche, un travail a été mené sur la commune pour trouver une autre solution. Une parcelle alternative de 7,2 hectares, correspondant à la surface mentionnée dans le certificat d’urbanisme accordé, a ainsi été proposée dans un secteur situé au niveau du carrefour de la route de Saint-Martin et de la route de Longs-Champs. Cette solution a été refusée.
Selon le maire, les exploitants expliquent vouloir disposer à terme de 14 hectares afin d’anticiper une éventuelle évolution de la réglementation qui imposerait la sortie des poules en plein air. Un argument qui ne convainc pas toutes les parties.
Le poulailler est en code 2, les poules ne sortent pas. La loi qui s’applique est celle d’aujourd’hui, pas une loi supposée pour 2027.
Nicole Grof, présidente de l’association Défendre et protéger le Pays de Montebourg
À ses yeux, rien ne justifie donc de réclamer une surface deux fois supérieure à celle figurant dans le certificat d’urbanisme.
L’association estime que plusieurs solutions alternatives existent, dont une parcelle de dix hectares appartenant au Gaec à Saint-Cyr, avec un accès routier adapté et sans opposition locale.
Tout le monde a essayé de trouver une solution. Eux ont envoyé un « niet » catégorique. On ne leur a pas dit : On ne veut pas de votre poulailler. On leur a dit : Ne le mettez pas là.
Nicole Grof, présidente de l’association Défendre et protéger le Pays de Montebourg
Au-delà de l’emplacement, l’association avance plusieurs arguments environnementaux. Elle évoque le risque de ruissellement dans un secteur régulièrement touché par les inondations, la préservation du bocage et des haies, ainsi que le transport des œufs jusqu’à la casserie d’Ambrières-les-Vallées, en Mayenne, distante d’un peu plus de 150 kilomètres.
« Où est le circuit court ? », interrogent les membres de l’association. Contacté, le Gaec Jourdain n’a pas souhaité s’exprimer.